Communiqué de presse de France Nature Environnement
 


Mardi 20 avril 2004


Nouvelle réglementation des produits OGM :
une rigueur toute relative


A l’occasion de l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation portant sur l’étiquetage et la traçabilité des produits OGM, la fédération France Nature Environnement tient à rappeler ses prises de positions exprimées à plusieurs reprises, notamment depuis le vote du 2 juillet 2003 du Parlement Européen, référence en la matière.

Cette nouvelle réglementation comporte des avancées significatives, imposant l'étiquetage des produits consistant en ou dérivés d'OGM (même si l’ADN n’est plus détectable comme dans le cas des huiles de table) ou contenant plus de 0,9% de traces accidentelles d'OGM, ainsi que l’étiquetage de l’alimentation destinée aux animaux.

FNE dénonce cependant une nouvelle fois les graves omissions concernant la traçabilité et l’étiquetage de produits très courants tels que viandes, charcuteries, lait, beurre, fromages, œufs, etc … provenant d’animaux nourris avec des OGM : le type d’alimentation de l’animal ne sera toujours pas indiqué pour ces produits, la traçabilité ne portant que sur les lieux d’élevage et d’abattage de l’animal.

La sécurité sanitaire alimentaire est d’ores et déjà mise en cause par le fait d’avoir autorisé des importations de graines fourragères transgéniques consommées en quantités par les élevage. Car ces plantes manipulées sécrètent elles-mêmes un insecticide et / ou tolèrent un herbicide total. Or, que deviennent ces pesticides chez les animaux qui les consomment ? Et quel impact sur le consommateur ? Faute d’une véritable traçabilité, aucune veille sanitaire spécifique n’est possible et les rares études prévues chez l’animal ont été abandonnées faute de financement.

FNE recommande vivement que soient suspendues les importations de plantes transgéniques destinées à l’alimentation animale. À défaut, que les réglementations communautaires garantissent l’information due aux consommateurs en exigeant un étiquetage des produits reposant sur une véritable traçabilité, ce qui implique, pour les produits issus d’animaux, d’indiquer leur type de nourriture (seul le label « AB » des produits bio assure une telle traçabilité totale) et notamment si cette nourriture comporte des OGM.

Ce serait gravement abuser le public que de lever le moratoire portant sur les OGM au motif que le consommateur est mieux informé, alors que ce n’est pas le cas pour tous les produits issus d’animaux nourris avec des plantes OGM et que l’on tolère une contamination diffuse de l’alimentation humaine et animale.

Si les cultures transgéniques devaient prendre de l’ampleur sur notre territoire, FNE rappelle les graves conséquences socio-économiques qui en découleraient : le régime de responsabilité et de réparation des dommages subis en cas de contamination de cultures et récoltes par des OGM n’est toujours pas précisé. Or les compagnies d’assurances refusent de couvrir les risques liés aux OGM car non suffisamment évalués.

Pour le consommateur, c’est le libre choix de son alimentation qui est en jeu. Qu’il ne se résigne pas et pose des questions lors de ses achats en faisant valoir aux filières qu’il n’est pas dupe d’une traçabilité sélective qui préserve l’essentiel du marché d’importation d’OGM en Europe. Ce sont les consommateurs qui conditionnent aussi les marchés par leur choix éclairé.


Contact presse : Lylian Le Goff 02 97 21 57 40


Fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement
Reconnue d’utilité publique
Siège Social : 57, rue Cuvier –75231 Paris cedex 05 - http://www.fne.asso.fr
 

 

Pour d'autres infos sur la nouvelle réglementation OGM : http://www.actu-environnement.com/ae/news/547.php4

 

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